Actualité
jeudi 12 mars 2026

L’Édito du président – mars 2026

L’édito de Laurent Le Daniel, Président de la Confédération nationale des artisans pâtissiers, chocolatiers, confiseurs, glaciers, traiteurs

Le revers de la vitrine

Notre profession regorge d’excellents niveaux, qu’ils soient apprentis, salariés ou chefs d’entreprise. Faire des gâteaux, remplir une vitrine de beaux produits, est à la portée de tout bon professionnel, bien formé et passionné. Et si nos ouvriers, apprentis et chefs d’entreprise sont bien formés, on le doit certainement à notre système de formation, celui que notre Confédération n’a cessé de jalonner et d’améliorer.

J’ai connu une époque où il y avait le CAP puis le Brevet de maîtrise, rien entre les deux. Depuis, des mentions complémentaires (devenues certificats de spécialisation) et le Brevet technique des métiers ont établi une filière pragmatique qui répond aux besoins de la profession, ou presque. Lorsqu’on s’installe, qu’on ouvre sa première boutique, on est tellement attaché à donner le meilleur de soi-même pour les produits que l’on expose afin de satisfaire sa clientèle, qu’on n’attache pas, ou peu, d’importance au reste.

Certes, le cabinet comptable est là en soutien pour envisager les financements, les relations avec la banque et quelques formalités d’enregistrement qu’on lui délègue bien volontiers. Là où les surprises peuvent arriver, c’est en ce qui concerne la longue liste des obligations que nous avons : droit du travail, étiquetage, hygiène… Le pâtissier, passionné par son métier, se retrouve à gérer des obligations administratives et s’éloigne peu à peu de son métier-passion.

Et quand les soucis financiers arrivent, le même pâtissier, parfois un peu orgueilleux, ne va pas s’en vanter, alors qu’il pourrait chercher de l’aide, au moins en matière de conseils. Il existait dans les chambres de métiers des stages obligatoires de gestion avant de s’installer. Croyant enlever un frein à la création d’entreprise, nos gouvernants les ont supprimés. Mais c’est bien triste : être un bon professionnel ne suffit pas.

Bien gérer ses finances, connaître les ratios de base et répondre aux obligations permettent d’avancer sereinement dans la conduite de son entreprise.

Faut-il un module de formation qui délivrerait les bases de la gestion d’une boutique de pâtisserie ? C’est à réfléchir !

La Confédération des Artisans Pâtissiers de France est là, au besoin, pour répondre aux questions concernant la création d’entreprise et ses obligations.