Je l’évoquais dans un précédent édito, les prises sont nombreuses, en dehors du simple exercice de notre métier. Il y en a une qui est devenue particulièrement compliquée et qui nous échappe totalement. S’il est incontestable que la santé de nos collaborateurs est fondamentale, le système qui la gère est profondément défaillant. Et si les entreprises ne se sont pas encore révoltées, c’est certainement par manque de compréhension, mais aussi de temps pour le faire.
J’ai connu une époque où les cotisations à la médecine du travail étaient annuelles et acquittées en début d’année. C’était simple : une cotisation donnait droit à une consultation avec un médecin, laquelle était obligatoire. Puis, la médecine du travail peinant à recruter, les visites obligatoires annuelles sont devenues bisannuelles, puis désormais espacées de cinq ans. Faute de médecins, des infirmiers ou infirmières les ont remplacés. Moins de services, ou en tout cas des prestations largement réduites, mais des cotisations toujours dûment réglées en début d’année, sous peine de radiation.
Et je ne parle pas de la difficulté à obtenir des créneaux, ni des entretiens réalisés par le médecin, l’infirmier ou l’infirmière, pas toujours complets et, trop souvent, orientés à charge contre l’employeur. Déjà de quoi être révolté, n’est-ce pas ?
Mais les dérives du système ne s’arrêtent pas là. Si vous demandez une seconde consultation pour un salarié, ou si le salarié en fait lui-même la demande, une facture arrive avant même qu’une date n’ait été fixée. Le service médical ne fonctionne pas, mais le service facturation, lui, est parfaitement efficace !
De nombreuses entreprises se sont émues de cette supercherie en cessant de payer leurs cotisations ou les suppléments injustement facturés. La médecine du travail, qui ne recule devant rien, menace alors de les radier en les dénonçant à l’inspection du travail.
Ces associations de santé au travail sont gérées paritairement. C’est-à-dire que le conseil d’administration est composé de représentants des salariés et de représentants des entreprises. J’y ai siégé quelque temps dans mon département au titre de l’U2P (Union des entreprises de proximité). Mais lors de ces conseils d’administration, la messe est dite. Ce n’est qu’une chambre d’enregistrement.
Ce système, qui profite à des associations loi 1901 — lesquelles ne devraient pas faire de bénéfices mais en réalisent malgré tout sur le dos de nos entreprises —, bénéficie aussi à des salariés dont les niveaux de rémunération interrogent. Il doit être réformé. Il y va de la justice de traitement à laquelle nos entreprises sont en droit de prétendre.
Ce sujet dépasse notre propre Confédération et doit être traité au niveau de l’U2P. Comptez sur moi pour l’évoquer auprès de nos instances et ne rien lâcher, en espérant ne pas être seul face à Goliath !